Lettre aux kinésithérapeutes
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Méthode Pilates : un éclairage s’impose !


La diversité de la méthode
Nous définissons le Pilates, comme étant « une gymnastique douce », « un renforcement musculaire profond ». Mais il est bien difficile de vous donner une idée précise de ce qu’est le Pilates tant cette méthode n’a cessé d’évoluer depuis son apparition. Elle peut être pratiquée et enseignée sous différentes formes, et son champ d’application dans le milieu de la santé est vaste.
Je dirais au regard des différentes formes observées et pratiquées, que le Pilates est multiple et unique à la fois. Multiple, car cette méthode peut servir a la fois l’industrie du bien-être et de la remise en forme, mais aussi, de manière certaine, et diverse, être utile au rééducateur que vous êtes. Unique, car aucune méthode, rencontrée jusqu’ici dans mon parcours professionnel, ne m’a donné autant de clés en main pour atteindre l’objet même de la rééducation : l’individu.
Force est de constater que le Pilates fait succès depuis quelques années auprès des rééducateurs du monde entier. Effet de mode ou révélation de ce qui pourrait être considérée comme étant la gymnastique miracle ?


L’enseignement et l’apprentissage
En enseignant le Pilates, j’ai pu observer comme un exercice qui semble évident, peut se révéler difficile pour celui qui l’effectue, et parfois même pour celui qui l’enseigne.
Toute la difficulté en tant qu’instructeur, réside dans la transmission claire et précise des différentes étapes de l’exercice, amenant à un mouvement fluide et coordonné, dit « intelligent » sur le plan neuro-moteur. En effet, ce qui frappe lorsque vous observez pour la première fois une séance de Pilates, ou lorsque vous prenez un cours (c’est plus visible s’il s’agit d’un cours individuel), c’est la précision avec laquelle les mouvements vous sont décrits et corrigés. Par ailleurs, un bon instructeur sera toujours vigilant à certains paramètres comme la respiration, la position de départ, la contraction des muscles, l’ordre dans lequel ces derniers interviennent, etc. L’enseignement demande expertise et justesse, une bonne connaissance des exercices, et une analyse et visibilité sur l’individu exécutant les mouvements. Ce dernier, s’il ne se décourage pas avant, tira beaucoup de plaisir et de satisfaction à la juste réalisation des mouvements qui lui sont demandés.
J’ai parfois entendu dire : « Je ne sens rien ». Je réponds à cela, « il faut vouloir ressentir, d’une part, et décider de ce qui doit s’animer ou pas dans votre corps ». C’est probablement que vous avez besoin de plus de pratique, car ressentir, cela s’apprend. Je ne connais aucun adepte à la méthode Pilates, qui n’ait finalement reconnu, que le Pilates opérait un véritable changement, et avait un effet positif sur leur condition physique et mentale. En ce sens je reconnais que la patience est de rigueur pour les deux parties. Mais les résultats en valent la peine.

La force rééducative du Pilates
J’évoquais auparavant, comme le Pilates pouvait être mis au service de la rééducation. En effet, un des aspects singulier de cette méthode est l’activation des muscles profonds dits « stabilisateurs », avant l’intervention des muscles superficiels définis comme « mobilisateurs ». En quelques sortes, on consolide la charpente avant de poser le toit. Pilates fait cela.
Par ailleurs, la méthode est faite de façon à ce que le sujet se questionne sur ce qui est actif ou ne l’est pas, ce qui est fort et ce qui est faible chez lui. Cette prise de conscience, tant de ses capacités que de ses limites, est un vecteur fort dans la rééducation. C’est le patient qui fait, et qui se corrige. Et il est prouvé que ceci reste la meilleure méthode d’apprentissage et d’intégration sur le plan fonctionnel.
J’ajouterais que ce qui est appris en Pilates, demeure (même si vous cessez l’activité un bon moment). C’est motivant ! Or, un patient motivé, est un patient sur la voie de la guérison. En ce sens, j’éprouve une grande satisfaction en tant que rééducateur, à participer à cela.

En conclusion…
Quel que soit l’objectif à atteindre en rééducation, les étapes d’intégration peuvent êtres décrites ainsi : l’apprentissage, l’acquisition et la restitution des acquis. L’apprentissage dépend comme nous l’avons vu précédemment, de la volonté propre du patient, et de la méthode d’enseignement. C’est la phase la plus longue. L’acquisition, nécessite la compréhension, l’adhésion du patient, ainsi que la répétition des exercices qui lui sont demandés. La restitution des acquis est l’étape dernière, elle fait référence à l’automatisation, au-delà même de la période rééducative proprement dite.
L’étape nous intéressant le plus en tant que rééducateur, est l’apprentissage. Pour cela il est nécessaire que vous, thérapeute, ayez une vision éclairée de ce qu’est le Pilates. En parcourant les livres et autres revues, j’ai constaté comme certaines interprétations de la méthode, peuvent mener à la confusion. Je vais tâcher, dans les chapitres suivants, d’apporter mon avis d’initiée, sur la méthode Pilates.