Fondations de la Méthode

Joseph Pilates

Joseph Pilates était convaincu que l’on pouvait se soigner et prévenir de nombreux maux, blessures et maladies par l'exercice physique et mental ; et en respectant une hygiène de vie, dictée par ce qu’il appelait les « lois naturelles ». Il passa son temps à étudier le corps humain. En travaillant auprès des blessés de la grande guerre, il comprit rapidement l’intérêt de l’entrainement physique dans la récupération. C’est ainsi qu’il réalisa en premier lieu l’importance du centre musculaire et du caisson abdominal (CORE), et l’effet de la respiration sur celui-ci.

C’est plus tard qu’il commença à évoquer le principe du MIND BODY, soit du corps et de l’esprit travaillant ensemble et ayant une action réciproque l’un sur l’autre.
C’est sur ces deux concepts, le corps et l’esprit, que la méthode Pilates à proprement dite fut bâtie et que le premier studio ouvrit ses portes en 1923 à New York.

Core

Le Core est l’ensemble musculaire constitué du plancher pelvien, du diaphragme, des muscles lombaires et abdominaux.
Lors d’un exercice, le travail en synergie de ces muscles provoque un « effet caisson » qui permet de générer une pression autour de la colonne vertébrale.
Cet effet caisson est comparable à un cylindre abdominal qui assure la stabilité de la colonne vertébrale et du bassin pendant les exercices et tout au long de la journée.

Des études ont prouvé le rôle majeur protecteur et stabilisateur du Multifidus en particulier pour la colonne lombaire. Nous n’ignorons pas non plus l’implication du plancher périnéen dans la statique du pelvis et par conséquent de la colonne lombaire, et son étroite collaboration avec le Transverse Abdominal.
Il s’avère que le Core est la base de travail de tous les exercices Pilates. L’objectif est de rendre ce centre musculaire stable, et efficace sur le plan fonctionnel (rappelons que le centre est responsable du maintien de notre posture érigée).

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Mind Body

Le Mind Body est le principe selon lequel le mental est utilisé pour contrôler les muscles du corps ET réciproquement, la commande motrice permet de développer l'activité cérébrale.
Joseph Pilates considère que le corps et l’esprit doivent travailler ensemble, et sont au service l’un de l’autre pour améliorer la condition physique et mentale. Dans son recueil (Your Health et Return to life Through Contrology*), il encourage l’utilisation de toutes les capacités disponibles du corps humain, au bénéfice de la santé.

La coordination Corps-Esprit porte aussi le nom de Contrologie. Cette prise de conscience tant musculaire qu’articulaire, servira de manière évidente à l’éducation et à la rééducation du patient, qui devient alors acteur principal dans le recouvrement de ses fonctions.

Lois Physiques

Le corps fonctionne selon des lois physiques, avec un centre de gravité, des axes et plans, des jointures soumises à des forces et des leviers. Le Pilates préconise le respect de ces lois physiques, lorsque le corps est mis en mouvement. Par exemple, un exercice de flexion de l’articulation de la hanche, ne doit pas entrainer de compensations telles que la rétroversion du bassin, ou la flexion de la colonne lombaire. Cette condition assure l’utilisation des muscles dans leur rôle primaire (par exemple la flexion de hanche est assurée principalement par le muscle Psoas), une mobilisation dans l’amplitude permise par l’articulation, une optimisation des fonctions de l’appareil moteur et de la commande motrice de manière générale.

En Pilates, les premiers exercices sont à une composante (ex : flexion) et progressivement on passe à deux voire trois composantes (ex : flexion+rotation). On retrouve la même évolution sur le plan articulaire et musculaire : les mouvements sont mono-articulaires puis poly-articulaires. Puis les figures deviennent plus complexes, développant à leur tour l’endurance, la coordination, la fluidité, etc.

Posture et Neutralité

Le travail de Pilates souligne l'importance de maintenir l'équilibre musculaire. Cet équilibre est le garant de l’harmonie des forces s’appliquant autour de l’articulation lorsque le corps est érigé et au repos. Ce sont les premiers concepts de posturologie.

Ainsi, la neutralité est la position de l'articulation que l'on retrouve dans la posture dite de référence anatomique. Cette dernière implique un équilibre des muscles stabilisateurs (ou ajusteurs) profonds responsables du rapport existant entre les surfaces articulaires.

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La posture neutre est le positionnement qui requiert le moins d’effort musculaire (équilibre), et pour lequel les jointures subissent le moins de contraintes mécaniques.
Par conséquent, une mauvaise posture, engendrera un stress articulaire, des contraintes en pression, et un déséquilibre musculaire (raccourcissement de certains muscles par exemple).

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Exemples de contraintes exercées sur les articulations, dues à une mauvaise posture

En pathologie, on s’accorde à dire que les blessures et douleurs apparaitront plus fréquemment chez une personne ayant une mauvaise posture de base. Un des objectifs de la méthode est donc l’acquisition d’une bonne posture pour prévenir et corriger ces troubles. D’un point de vue fonctionnel, cela revient à rétablir l’ordre et l’équilibre musculaire par des exercices de renforcement, des étirements et des mobilisations.

*Bibliographie : La Méthode Pilates-Des Origines à nos jours, Joseph Pilates, Judd Robbins et Lin Van Heuit-Robbins, ed Copy Média, 2013.

Karine Weyland
Masseur- Kinésithérapeute