CHAPITRE 3 : Renforcement musculaire/Assouplissement – Stabilité/Mobilité

Le Pilates est-il une méthode de renforcement musculaire ? La réponse la plus juste serait « oui, mais pas seulement ».
En effet la méthode est basée sur le renforcement et la stabilité des muscles du tronc, mais il ne s’agit la que d’un versant de la méthode. Quelques uns des aspects encore peu connus du Pilates, sont l’assouplissement et le gain de mobilité.

1) Renforcement musculaire

Le renforcement musculaire est l’ensemble des techniques (actives en Pilates) qui permettent au muscle de gagner en force. La notion de force est relative, et variable d’un muscle à l’autre. En effet, la taille, l’emplacement, la composition biologique/chimique, sont autant d’éléments qui déterminent la fonction du muscle dans le corps, et donc la force qu’il pourra développer.

Résistance : Des séries de contractions par raccourcissement musculaire, permettront d’augmenter la masse et le volume musculaire, ce qui permet au muscle de soulever/résister à une charge relativement importante selon le niveau d’entrainement.
C’est ce que l’on appellera ici la « résistance ». Ce type de renforcement peut être analytique (un muscle) ou global (plusieurs muscles). Il est nécessaire si le muscle a subit une fonte et/ou une perte de force significative ce qui est souvent le cas en rééducation. Il est pratiqué à des fins esthétiques par exemple en musculation.

Endurance : Si l’entrainement porte sur une durée de contraction longue, on parlera plutôt « d’endurance ».
Dans ce cas, l’entrainement est effectué préférablement sans ajout de charge (ou à faible charge), et l’effort doit être maintenu (la contraction est durable).

Certains muscles sont, de par leur constitution, plus « résistants » et d’autres seront plutôt « endurants ». Mais ces deux caractéristiques se retrouvent dans la plupart des muscles, en proportion différente. Il est cependant courant d’attribuer le travail résistant aux muscles plus superficiels, ceux qui en se contractant, amènent un changement significatif dans l’articulation (ex : biceps qui plie le coude). On appelle ces muscles les mobilisateurs. Quant à l’endurance, elle est plutôt l’attribution de la musculature profonde, soit les muscles qui par leur contraction, n’entrainent pas ou peu de changement dans l’articulation : ce sont les muscles stabilisateurs.

Cependant il serait faux d’affirmer que l’on n’entraine les superficiels-mobilisateurs qu’en résistance et les profonds-stabilisateurs en endurance…ceci n’est pas et n’a jamais été une règle absolue. Un exemple, parmi les muscles du dos, on distingue ceux qui permettent de mobiliser le tronc (se pencher, pivoter etc.) et ceux qui permettent de maintenir le dos droit (les deux catégories étant impliquées l’une avec l’autre dans la structure et la fonction du tronc). Les premiers pourront être plutôt entrainés en « résistance » et les seconds en « endurance ». Mais on pourra également avoir à développer « l’endurance » des premiers, et gagner en « résistance » pour les seconds.

Dans un cas comme dans l’autre, le principe de renforcement appliqué en Pilates est basé sur 3 lois simples :
1) Une phase de relâchement doit précéder ET suivre la contraction, pour que cette dernière soit « complète », et implique donc que le muscle doit être souple.
2) En mode dynamique, la contraction doit entrainer un déplacement osseux et implique donc que l’articulation soit mobile.
3) Les modes concentrique, excentrique et statique pour un muscle donné, sont nécessaires à l’acquisition de force. Toute l’amplitude pourra être balayée (courses).

Des lors, on entend que la rigidité musculaire caractérisée par une résistance à l’allongement et à la contraction (ex : le spasme, la contracture) et la raideur articulaire (ex : calcification ligamentaire, rétraction capsulaire…) seront deux facteurs limitant le renforcement musculaire, d’un point de vue strictement mécanique. Ainsi, si l’entrainement privilégie le renforcement, il sera très important de vérifier la souplesse des tissus musculaires et la mobilité articulaire et réaliser les techniques d’assouplissement au préalable.
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Je n’ai évoqué jusqu’alors, qu’un seul mode de contraction et de renforcement dynamique par raccourcissement-allongement (concentrique-excentrique) musculaire. Il existe un second mode où le muscle est contracté sans subir de raccourcissement ni d’allongement (isométrique) : c’est le mode statique. Ce mode de renforcement est aussi nommé stabilisation, ou renforcement en stabilité versus le premier mode qui lui, renforce par mobilisation car les segments osseux sont déplacés.

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Karine Weyland
Masseur-Kinésithérapeute